Running, le voyage intérieur

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Running, le voyage intérieurLa course à pied, un sport ennuyeux et routinier ? J’ai souvent entendu ce reproche fait au running, et son corollaire « Je préfère les sports co, parce que je préfère quand c’est ludique ».  Avec petit air supérieur assorti. (Trois baffes dans ta face.)

On voit bien que ces gens-là n’ont jamais couru. Tout au plus ont-il fait un tour de lac de 20 minutes à fond la caisse, trop rapide pour leur niveau et puis sont retournés tout pas comme Ulysse plein de préjugés et de déraison. Prêts à dégainer leurs arguments discriminants pour camoufler leur honte d’avoir trouvé ça dur.

Course à pied et petites voix

Je ne sais pas toi, mais moi, quand je cours, ça peut vite virer à l’expérience hallucinatoire, en fait. La perception de la réalité est complètement distendue, il passe des trucs qu’il ne se passe jamais ailleurs. C’est tout sauf l’ennui. C’est une réalité augmentée, déformée, amplifiée, relative, et toute dansante. Un trip. Parfois un ego trip, parfois un bad trip, parfois un mystic trip, parfois un crache-tes-tripes.

Liste non-exhaustive de ces phénomènes de perception que tu connais peut-être :

  • ‘Tain, il pourrait regarder avant de couper la route. Ce chien.
  • Les trottinettes et les vélos sont la pire invention de l’humanité.
  • Si je ne me décale pas, il va se décaler, le marcheur en face ? Je tente.
  • ‘Tain, elle pourrait s’arrêter pour me laisser passer, la voiture. Ok c’est rouge, mais je prépare un 10k merde. Ça lui coûte quoi, à lui ?
  • Cette fontaine à eau est à moi.
  • Cette route est à moi.
  • Ce bois est à moi.
  • Cette planète est à moi.
  • Arrête de gueuler sur ton chien, tu me gâches mon trip.
  • Il a l’air sympa, le vieux.
  • Il pourrait me regarder au moins.
  • J’aime la vie.
  • J’aime les gens.
  • Quand même, je suis exceptionnelle.
  • Je suis nulle, j’avance pas.
  • Si je voulais, je pourrais faire un 100 bornes.
  • Quelle idée d’avoir un Yorkshire.
  • ça sent bon, les plantes.
  • ça sent bon, la route.
  • Je suis Djokovic en fait, jamais je lâche. Je vais gagner.
  • Un petit sourire, ça serait sympa, non ?
  • Si j’accélère maintenant, je le dépasse avant le virage.
  • Je vais intenter un procès à la marche nordique.
  • Je vais intenter un procès aux chiens. (Aux enfants). (Aux gens).
  • Si la pluie s’arrête dans 10 minutes, je fais 5km de plus.
  • Si je termine ce marathon en moins de 4h, j’épouse Truc et je lui fais des enfants.
  • Si je termine ce marathon en moins de 3h45, je deviens sympa et cool.
  • Si je termine ce marathon en moins de 3h30, j’arrête le Lindt (non, là, pas crédible)
  • Je peux faire un podium, si je veux.
  • Demain, je commence le fractionné.
  • 20km, ça me donne droit à combien de calories ce soir?
  • Demain, je m’inscris dans un vrai club.
  • Demain, je commence le gainage et la PPG.

Bon, évidemment, une fois la séance terminée, tous ces phénomènes de perception disparaissent instantanément. Dommage, pour certains d’entre eux. Mais happée par tous ces petits films intérieurs, je ne me suis pas ennuyée une seule seconde.

Et toi, quel(s) trip(s) dans ta tête de runner quand tu cours ?

Isabelle

Article posté le 12 juin 2014 à 15 h 57 min.

 

Un commentaire

  1. et bien et bien…non seulement tu as un égo surdimensionné , mais je constate que t’es pas très sympa quand tu cours toi! ça va le melon? :p

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