Running : Gérer La blessure au quotidien

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La blessure au quotidien Si vous êtes un coureur curieux, voire un peu geek, vous ne pourrez échapper aux nombreux articles et témoignages sur la blessure. Les sujets abordés traitent souvent des conséquences (arrêt, revue des objectifs à la baisse, changement d’activité) parfois  des causes (fragilité, intensité trop importante, manque de récupération…) mais rarement de la gestion du quotidien lors du processus, plus ou moins long, de guérison.
Je ne souhaite aucunement me montrer moralisateur mais en m’appuyant simplement sur mon expérience personnelle récente, donner quelques orientations sur la gestion du quotidien du coureur blessé.

Le jour J

La blessure ne prévient pas, elle frappe à l’improviste et il n’est pas rare de sous-estimer sa portée. Les douleurs font partie de notre quotidien et pourquoi un muscle qui tire ou une articulation qui pique devrait nous affoler ? L’autodiagnostic n’est pas la meilleure solution et il me semble préférable de consulter son médecin du sport avant toute reprise d’activité surtout si :

  • La douleur est vive et spontanée
  • La douleur apparaît à froid
  • La douleur gène le mouvement naturel (la compensation peut créer un phénomène de sur-blessure)

Le Diagnostic

Internet est une source d’information aussi riche qu’incontrôlée. En matière de blessure vos symptômes peuvent déboucher sur différents diagnostics allant du plus rassurant au plus alarmiste. Vous pouvez en tirer quelques enseignements mais rien ne remplace l’avis du spécialiste. Avant toute chose, il faut donc prendre rendez-vous avec son médecin du sport voire son généraliste et ce sans attendre. Je vais me permettre de donner ici mon opinion – tout à fait personnelle – sur cette étape fondamentale de la gestion de la blessure :

  • Si la douleur est supportable, éviter l’auto médication. Il faut savoir écouter son corps et cela peut influencer le diagnostic du médecin.
  • Ne pas consulter de kiné, de spécialiste ou d’ostéopathe sans la visite préalable du médecin du sport
  • Eviter la reprise de « test » qui peut aggraver la blessure initiale, voire générer d’autres traumatismes

Une fois le diagnostic posé (parfois après plusieurs examens), il faut alors le digérer et l’accepter… Evidemment, un contre avis peut être intéressant en cas de blessure particulière mais, si l’examen a été complet, le résultat ne devrait pas être bien différent.

Selon de la blessure – attention je ne parle pas ici de gravité – le temps de diagnostic peut durer dans le temps. C’est cette période qui est, pour moi, la plus difficile à gérer mais elle est fondamentale pour mettre en place le processus de soins adéquats.

 Les soins

La blessure n’est pas une maladie ! Par conséquent – et cet avis n’engage que moi – la thérapie par la médicamentation ne me semble pas être la plus adaptée. Le sport bénéficie largement des progrès de la médecine et des protocoles de guérison axés sur la rééducation, l’électrostimulation ou autres ondes de choc semblent être de plus en plus adaptés aux sportifs de tous niveaux.

Néanmoins, ce type de soins nécessite un investissement personnel –  et financier parfois – et un respect strict des consignes. Quelque soient les sensations, une reprise anticipée ou trop intensive peut avoir de sévères répercussions sur la suite de la saison voire, si l’on pousse à l’extrême, de la carrière. Les professionnels (médecins, kinés…) savent mieux que quiconque ce qui est bon ou pas pour vous !

Gérer l’arrêt

Je ne suis pas psychologue et chacun vit à sa manière un arrêt plus ou moins prolongé. Je vais donc simplement vous donner les clés qui m’ont aidé à sortir de cette ornière en ce début de saison 2014.

        • Accepter le diagnostic (ce qui peut prendre un certain temps)
          • Ne pas hésiter à échanger avec les spécialistes toujours avides de conseil et/ou de références.
        • Ne pas prendre le processus de guérison dans sa globalité mais raisonner par étapes.
          • Entre 2 rendez-vous avec le médecin.
          • Jusqu’à la date du prochain examen.
          • Quel programme/objectif lors de la prochaine séance de kiné ?
        • Impliquer ses proches
          • Ne pas se renfermer, parler de sa blessure, admettre sa faiblesse.
          • Profiter de ses proches, se recentrer sur les siens.
          • Dans la mesure du possible, reprendre l’activité en leur compagnie.
        • Etre moteur de sa guérison
          • Prendre ses rendez-vous sans attendre (les délais sont parfois longs).
          • Se donner les moyens et se rendre disponible.
        • Se montrer philosophe
          • C’est un mal pour un bien.
          • Chaque jour qui passe est un pas de plus.
          • Ce qui ne tue pas rend plus fort.
        • Ne pas se déconnecter de l’activité
          • Accompagner les copains sur les compétitions ou s’impliquer dans leur entraînement.
          • Se documenter (revues, blogs, livres)… et rêver à un avenir plus heureux.
        • Comprendre pourquoi on en est là
          • Pourquoi me suis-je blessé ?
          • Que faire pour éviter la récidive ?
          • Mon activité est-elle en phase avec mes capacités ?

Une fois de plus, les spécialistes peuvent vous aider à comprendre et analyser tout cela.

La reprise

Cette étape est tellement attendue et espérée qu’elle peut vite se transformer en cauchemar. Afin d’éviter la rechute et/ou une autre blessure, il est fondamental de respecter un processus de reprise élaboré avec un spécialiste (médecin, kiné, ou préparateur physique). Le corps oublie vite – mais se souvient aussi rapidement – et a besoin de se réhabituer progressivement.

          • Respecter les durées et les intensités d’effort prescrites.
          • Ecouter son corps (attention tout de même au rappel psychologique de la douleur).
          • Ne pas négliger les temps de récupération et d’étirements.

Aujourd’hui je recours, je suis guéri et la blessure ne me fait plus peur. Je ne prétends pas détenir les clés des principes de guérison mais j’espère que ces quelques conseils pourront guider tout sportif confronté à l’arrêt brutal.

Pour plus d’informations, vous pouvez me laisser un commentaire auquel je répondrai avec plaisir.

Grégory
Team UR

Crédit photo : Durrah03

Article posté le 23 avril 2014 à 6 h 58 min.

 

Un commentaire

  1. Très bon article où je me retrouve un peu puisque blessée depuis maintenant 3 mois.
    Je ne vais pas raconter ma vie qui n’intéresse personne, mais je voudrai souligner le rôle majeur de mon kiné et de mon osteo « magicien » (il est spécial mais particulièrement bluffant et reconnu) dans mon traitement, mais surtout dans le diagnostic!
    Il se trouve que j’ai eu très mal au genou au point de ne pouvoir marcher normalement en période aiguë. Le médecin du sport ostéopathe n’a rien trouvé de suspect. Le médecin traitant reste persuadé qu’il s’agit d’un syndrome rotulien malgré les circonstances d’apparition, un IRM et un arthro-scanner totalement normaux.
    Seuls le kiné et l’ostéo magicien (ils travaillent ensemble) ont pu me donner un diagnostic dès la consultation de bilan. Alors certes c’était d’abord flou, ça n’a pas de nom et c’est impossible à visualiser médicalement parlant (larticulation a pris un mauvais schéma de flexion donc qui se produit seulement en dynamique) mais les examens médicaux excellents n’ont fait que confirmer leurs propos et ajd ils sont les seuls à orienter le traitement et à chercher ce qui pourrait me faire courir sans problème. Le corps médical lui est complètement paumé… à la limite de me dire « je suis dsl mademoiselle, vous ne pourrez plus courir ».
    J’ai sûrement bcp de chance de disposer de ce genre de professionnels autour de moi et je suis un cas plutot particulier, mais sachez qu’il ne faut pas négliger ce que peuvent apporter kiné et osteo dans le diagnostic, surtout si ces derniers sont compétents 😉

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