Retour sur la Transpyrénéa avec Vincent Hulin

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C’est une course de titans qui ferait -presque- passer le Tor des Géants pour une promenade de santé : la toute première Transpyrénéa vient de s’achever. On revient sur cette aventure avec Vincent Hulin, l’un des 78 finishers.

866 kilomètres. 65 000 mètres de dénivelé positif. 78 finishers sur 244 partants. Parfois, certains chiffres en disent plus que bien des discours. Pourtant Globe Runners a décidé de faire les deux en revenant sur cette course avec Vincent Hulin. Il n’est d’ailleurs pas tout à fait un inconnu sur ce site puisque nous vous présentions son livre il y a peu.

Le poitevin n’est pas un coureur élite, il est un lambda comme vous et moi. Un lambda qui a tout de même terminé la Diagonale des Fous, l’UTMB, le Marathon des sables ou encore le Tor des Géants… Et donc désormais la Transpyrénéa, première du nom .

Un défi préparé méticuleusement depuis des mois

Pour cette petite balade en montagne, Vincent a commencé à se préparer des mois à l’avance et a surtout su bien s’entourer. « J’ai fait appel à un micro nutritionniste ainsi qu’à un spécialiste du sommeil. Sur ce genre d’épreuves qui durent plusieurs jours, ce sont deux éléments clés qu’il ne faut surtout pas négliger. »

Il a donc soigné sa flore intestinale, travaillé sur les rythmes du sommeil, et il a beaucoup crapahuté, évidemment. Une préparation solide à laquelle s’est ajoutée une équipe de choc pour l’accompagner au fil de la course avec notamment deux élèves en école de kiné.

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Un départ en forme de cauchemar

Aussi surprenant que cela puisse paraître, ce sont les deux premiers jours qui ont été les plus difficiles pour lui comme pour beaucoup de coureurs. « Je pense qu’on a été cueillis par un gros coup de chaud, ajoutons à cela le dénivelé et le poids du sac. Je me suis dit que ça allait être long et plus dur que prévu. » Il serre les dents, pense à bien boire, puis remercie le ciel puisqu’il pleut les deux jours suivants. Ce qui rafraîchit considérablement l’atmosphère même si les pieds de beaucoup de coureurs en payent le prix.

« J’ai aussi mis cinq jours à accepter le poids du sac et les frictions. Il faisait une dizaine de kilos entre la tente, le duvet, la nourriture, les vêtements de rechange… Les kinés m’ont bien aidé en mettant du strap. »

Après, le corps s’est habitué. « Le plus dur ensuite c’était surtout de bien suivre le balisage. Parfois c’était le GR10, les organisateurs nous avaient aussi dit de suivre la trace GPS. Moi j’ai vite perdu le mien, parfois dans le nuit et le brouillard j’ai eu de grands moments de solitude. C’était vraiment le plus difficile, certains coureurs ont fait 50 km de trop… »

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La gestion du sommeil, facteur clé pour boucler l’aventure

Sur ce sujet, Vincent est intarissable, il faut dire qu’il avait bien préparé son sujet avant le départ. « Le spécialiste du sommeil que j’ai consulté m’avait donné deux règles à respecter : il y a des fenêtres qui s’ouvrent, il faut y être attentif. Il ne faut pas les laisser se refermer. Sauf qu’en montagne c’est parfois difficile, quand tu es au milieu d’un sol caillouteux et calcaire. Et puis il m’avait dit de dormir plutôt en vallée qu’en altitude. Bien sûr, on s’adapte au terrain, et à l’épuisement. J’ai parfois dormi comme un gueux dans une grotte pour me refaire la cerise. J’ai vu des coureurs dormir seulement une heure par nuit, et c’était des mort-vivants. Moi je ne voulais pas ça, il en allait de notre sécurité. »

Quelle est la limite du corps humain ?

Les coureurs renoncent les uns après les autres, pas Vincent, qui terminera 45ème sur 78 finishers. Lui qui cherche sa limite n’est pas rassasié. « Tout le monde est étonné de ma fraîcheur physique. S’il fallait que je fasse un marathon aujourd’hui, j’irais, je suis bluffé de ce qui m’arrive, ça fait même un peu peur. Mon corps a su s’adapter. » Pour la limite, on repassera donc, il semblerait que le corps ait une capacité de résilience pour le moins surprenante lorsqu’il est bien préparé.

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La Transpyrénéa, un joyau à polir

De l’avis de beaucoup de coureurs, cette course doit évoluer dans l’organisation. Vincent pointe notamment du doigt le tarif. « On a quand-même payé 900 euros pour suivre un GR, les ravitaillements étaient parfois un peu légers. Moi la seule chose que je voulais trouver c’était de l’eau gazeuse et il n’y en avait pas. L’organisateur s’est dédouané en rappelant que c’était une course en autonomie alimentaire et qu’il était là seulement pour épauler les coureurs, bon… Je pense que cela mériterait d’être amélioré. Et puis sur le plan de la communication, il y a tout à faire. Certains responsables de gîtes et refuges ne connaissaient même pas l’existence de la course… » Comme toutes les premières, il faut donc essuyer les plâtres et la première « promotion » a payé pour voir, mais c’est une magnifique épreuve disent la majorité des coureurs.

Une aventure à lire et visionner très bientôt !

Le tome 2 de Coureurs de l’extrême est en cours d’écriture, la Transpyrénéa en sera le point final. Sortie prévue dans l’idéal pour noël espère Vincent. Mais ce n’est pas tout : « j’ai couru avec sur moi une petite caméra de superbe qualité, c’est bluffant. Et j’ai eu une équipe de tournage avec moi, ainsi qu’un drone. On va donc faire un film de tout ça avec de belles images, du « inside », des interviews de coureurs et de bénévoles… »

Un travail de dingue puisqu’ils ont ramené des heures de rush mais la promesse est alléchante. Sachez d’ailleurs que vous pouvez contribuer à ce film, Vincent a lancé un appel aux dons afin de faire les choses à fond. « Si nous récoltons 15 000 mille euros, nous pourrons produire un film diffusable dans les salles de cinéma. » Vous trouverez la cagnotte juste ici.

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Un film qui trouvera vite son public si on se fie au succès du périple de Vincent sur les réseaux sociaux. Son compte Facebook a été pris d’assaut par des milliers de messages de soutien de lecteurs, de proches, d’inconnus durant ces 15 jours, 5 heures, et 39 minutes de course. Une aventure collective dans un sport individuel en somme.

Ah, et pour la petite histoire, la plus belle image que gardera Vincent Hulin de son périple pyrénéen c’est l’arrivée, puisqu’il a demandé sa compagne en mariage sur la ligne. Mal rasé, bronzé comme un cycliste après un Tour de France, et éreinté. Mais elle a dit OUI, une sacrée preuve d’amour. Voilà pour l’instant people !

Crédit photo : Mickael Planès, Momentum Productions

Article posté le 10 août 2016 à 10 h 40 min.

 

Un commentaire

  1. j’ai un ami qui la fait ensuite il a enchaîné le 4k alpine endurance valle d’Aoste et la diagonale des fous pour finir son nom BIONDO PAOLO qui habite a NOUMEA nouvelle Calédonie

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