Mon enfant pratique le Running

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enfant-runningPlus que la découverte d’un sport, le Running permet aux parents d’observer le développement psychomoteur de leur enfant et constitue un excellent instrument pour l’apprentissage de valeurs.

Depuis quelques mois, j’ai pris habitude de choisir mes courses dans la mesure du possible en fonction de l’organisation ou non d’une course pour enfants non classée et non chronométrée. Le plus tard possible afin qu’il ne s’impatiente pas, et pour éviter qu’il soit déçu au cas où il serait malade, je propose à mon fils d’y participer, même si je connais par avance sa réponse et que je l’ai déjà inscrit.

J’ai remarqué depuis longtemps son goût pour la compétition au-delà même du fait que ce soit normal à son âge de vouloir s’étalonner, se confronter et de montrer ses muscles. Sa maîtresse à l’école m’a récemment annoncé qu’il organisait des courses avec ses copains dans la cour de récréation. D’ailleurs avant de savoir cela, j’avais l’impression qu’il tombait beaucoup à l’école. Je n’avais pas compris que c’était parce qu’il prenait un maximum de risques pour prouver qu’il était bien le plus fort.

 Premiers pas dans le monde de la course à pied

J’avoue cependant avoir observé sa foulée lors de ses premières courses et avoir décelé des défauts qui pouvaient expliquer les chutes fréquentes, comme en témoignent le nombre de pantalons troués au genou et les placards de Mercurochrome retrouvés au coude à l’heure des mamans.

A bientôt 5 ans, mon fils doit être Finisher d’un peu moins de 10 épreuves. Des courses pour enfants dont la distance ne dépasse jamais le kilomètre, évidemment.

Les trois premières courses ont été très dures. Il tenait vraiment à y participer mais était complètement submergé par le stress à quelques secondes du départ. L’envie soudaine de faire pipi, les larmes, les douleurs mystérieuses aux jambes, rien n’était dû au hasard : il s’agissait bien de l’appréhension.

Mais une fois le signal donné, il s’envolait avec légèreté, insouciance et naïveté. Au fur et à mesure, il apprend à gérer son effort et à apprécier la distance, ce qui lui évite d’être obligé de s’arrêter au bout de 200m. Je l’accompagne quasi systématiquement parce qu’il fait pour l’instant partie des plus petits et je pense que ma présence le tranquillise. Je n’hésite pas non plus à lui parler, à lui dire qu’il peut marcher, me tenir la main.

running-pere-fils

L’apprentissage de valeurs à travers le Running

Depuis quelques temps, il intègre le fait qu’il ne puisse pas terminer à la première place. C’est important pour moi qu’il comprenne que le podium n’est pas une fin en soi, qu’il y a des plus grands, des plus expérimentés, des plus forts. Je veux lui apprendre que le progrès, la persévérance et le courage sont des belles valeurs. Et que ce sont ces valeurs qui sont récompensées à la fin des courses pour enfants avec la médaille, le maillot, le paquet de bonbons ou les goodies.

Je veux qu’il apprenne à ne pas se laisser abattre par la défaite, qu’il apprenne à perdre. Mais je l’encourage aussi pendant la course, je lui dis qu’il y a encore plein d’enfants derrière lui, je lui fixe des petits challenges (doubler le môme juste devant, courir à côté d’un plus grand…) pour qu’il garde assez de confiance en lui.

Je lui dis de regarder autour de lui, pour qu’il reste lucide, qu’il ne subisse pas l’événement. Je lui dis d’écouter les spectateurs qui l’encouragent, de regarder l’arche d’arrivée qui n’est pas loin et participe au cadre de la course.

Surtout, j’essaie de l’éveiller au goût des rassemblements sportifs, entretenir son attrait pour le mouvement et l’aider à tirer du plaisir du sport, en particulier de la course à pied. Plaisir que je mesure à la fierté qu’il éprouve à l’arrivée ou quand il fait le récit de sa course.

Je ne me sens pas concerné par le débat récurrent des parents qui poussent leurs enfants ou non. J’évite cet écueil en donnant du sens à la pratique sportive de mon fils dans sa construction personnelle. L’assiduité plus que la victoire. Bien-sûr, c’est lui qui décide s’il ira courir et je ne chercherai pas à l’influencer s’il préfère jouer dans le jardin avec son déguisement d’indien.

Pour l’instant, j’ai le sentiment de contribuer à son épanouissement et à son sens du partage à travers ce sport. Le matin de sa dernière course il a voulu porter mon bandeau fluo et mon serre poignet. Ok, je m’inquiéterai quand même si à Noël il commande une montre GPS.

David
Daddy The Beat
Team UR

Article posté le 24 juin 2014 à 6 h 39 min.

 

3 commentaires

  1. C’est un très bel article qui véhicule des valeurs importantes. Ca ne m’étonne absolument pas vu l’auteur, mais c’est génial de transmettre tout ça au travers d’un sport. Mes parents n’étaient pas sportifs et j’ai commencé à aimer le sport (via la CAP) il y a un an et aujourd’hui, sans enfant, je me pose plein de questions sur la façon de les élever à ce niveau, je pense que le sport est essentiel et je trouve ta façon de faire parfaite 🙂

    • L’éducation des enfants par le sport, ce n’est pas facile. Mais c’est un bon support parmi d’autres pour transmettre des valeurs et enseigner ce qu’ils doivent apprendre. Je pense qu’il ne faut pas être effrayé mais savoir prendre du recul sur ses décisions, accepter de faire des erreurs et se remettre en question. Il y a pas quelques personnes qui sont venues me parler en privé de leur expérience après la publication de cet article. C’est hyper intéressant.

  2. Très bel esprit! Du minot et du papa attentionné pour son rejeton! 😉

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