Comportements alimentaires et course à pied

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Les comportements alimentaires que l’on observe régulièrement chez certains individus pratiquant la course à pied peuvent poser question. Dès lors, il  apparait nécessaire de rester vigilant pour ne pas tomber dans l’excès. 

Tous les comportements alimentaires se retrouvent chez les runners et c’est ce qui fait la richesse de ce groupe. Il y a ceux qui dévorent, qui comptent tout, qui sectorisent les aliments en « bons » et « mauvais » … Sans parler du fétichisme associé à certains nutriments ou autres plantes !

Le principal et le plus connu des comportements alimentaires chez le sportif reste la restriction alimentaire et sur un mode plus rigide mais plus rare : l’orthorexie.

Orthorexie et course à pied

Située entre les deux extrêmes que sont l’anorexie et la boulimie, maladies qui touchaient à une époque essentiellement les femmes (mais les hommes sont de plus en plus concernés), l’orthorexie est très souvent un comportement alimentaire associé à la pratique de la course à pied, notamment chez les runneuses.

Pour être plus explicite, il s’agit de « la pensée obsessionnelle du diététiquement correct ». La souplesse est remplacée par la rigidité des paramètres qui encadrent alors l’alimentation : contrôle permanent, aliments catégorisés en aliments interdits et évincés des menus. Les matières grasses, charcuteries, fromages sont supprimés car faisant soi-disant prendre du poids… En d’autres termes, le comportement alimentaire fonctionne dès lors comme un système binaire (interdit/autorisé), empirique et rigide où la silhouette est très souvent la préoccupation centrale de l’athlète.

Il n’est pas rare que l’orthorexie aille de pair avec des phases de charges d’entrainement élevées en intensité comme en volume. Les déficiences, voire carences qui en résultent sont souvent multiples : acides aminés et acides gras essentiels, vitamines, oligoéléments, minéraux… La dénutrition est une des principales complications, elle s’accompagne d’une perte de la « masse active » (muscle, os, …), potentialisée par la surcharge des dépenses énergétiques au regard des apports nutritionnels trop faibles.

Les conséquences globales pour les coureurs peuvent être très délétères sur le moyen-long terme et in fine sur la performance finale … En cause, une perte de poids trop importante quantitativement, et qualitativement anarchique.

Sur un mode alimentaire plus souple que l’orthorexie, très présent dans le milieu de la course à pied, on retrouve le principe de la restriction alimentaire (apports inférieurs aux besoins réels). Une pratique qui vise simplement à atteindre un poids bas mais optimal (proche du poids de forme) lorsque celui-ci est trop élevé. Cela est avantageux dans la plupart des sports d’endurance (semi, marathon, trail, ultra…) et peut donc avoir un impact important sur la performance finale (chrono).

A l’inverse, pour d’autres coureurs, l’objectif sera d’augmenter leur poids pour atteindre un poids de forme, avec dans ce cas une démarche bien évidemment différente : Manger plus pour gagner de la masse musculaire notamment… mais de façon intelligente !

En conclusion, chacun doit trouver la voie alimentaire qui lui correspond le mieux au regard de ses besoins quotidiens sans entrer dans des régimes ou des méthodes « farfelues » qui favorisent parfois la mise en place de troubles du comportement alimentaire. Au fil du temps, ces derniers sont toujours préjudiciables, tant au niveau sportif que sur la propre santé du runner et son environnement direct.

Nicolas Aubineau
Diététicien Nutritionniste du Sport

Article posté le 16 février 2016 à 14 h 08 min.

 

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