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Le sprint final, un moment unique pour les coureurs

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Les runners ne vivent pas tous le sprint final de la même manière. Que se passe-t-il dans la tête des êtres sensibles que nous sommes au moment d’accomplir un défi sportif ? La dernière ligne droite, le bouquet final du coureur à pied. 

Chacun a ses raisons qui le poussent à se surpasser. Elles peuvent être intimes ou simplement sportives. Et bien souvent, au moment de s’engager dans la dernière ligne droite, elles reviennent à l’esprit, offrant un peu de magie (ou pas) à cet instant si particulier.

Les athlètes terre-à-terre

Vous n’êtes pas un coeur de pierre mais au moment de conclure, vous êtes moins submergés par l’émotion que par des considérations qui sont de l’ordre du détail. Pas le temps pour les sentiments, la réalisation de votre objectif peut se jouer à la seconde. Vous vous appliquez à faire votre maximum pour ne rien regretter une fois la ligne d’arrivée franchie. On excusera votre manque de lucidité, vous avez posé le cerveau depuis 3km et votre capacité à aller au bout dépend de votre aptitude à faire le vide.

Il faudra vite reprendre vos esprits et ne pas oublier d’éteindre la montre GPS car vous vous en voudriez, une fois de plus, d’enregistrer sur votre plateforme statistiques un temps moins flatteur que le chrono officiel.

D’ailleurs, en parlant de GPS, vous cherchez déjà du regard, alors qu’il vous reste 150m à parcourir, la table des réclamations que vous irez visiter pour signaler un problème que semble avoir les organisateurs avec le système métrique. Votre montre vous indique clairement que vous devriez être arrivé. C’est inacceptable !

Allez-vous pour autant mentionner que vous avez fait quelques détours pour vous resservir du saucisson au ravito, ou pour faire la bise à Vanessa, la capitaine des pom-pom girls ? Non. Alors, repérez plutôt un bar à proximité.

Ne vous laissez pas perturber par l’angoisse chronique que votre puce ne bipe pas à l’instant où vous passerez la ligne. Et ne pensez pas tout de suite à la peine que vous allez éprouver à retrouver la voiture garée à l’autre bout d’une ville que vous ne connaissez absolument pas. Tout va bien se passer. Concentrez-vous sur votre posture comme vous savez le faire afin d’être à votre avantage sur la photo. Pleurez cette fois si possible au lieu de faire le V de la victoire, c’est du meilleur effet.

Vous pensez déjà à l’après-course. On aurait envie de vous dire que c’est idiot de ne pas profiter de l’instant présent, mais on admettra que vous en avez assez bavé pour penser à la récompense qui vous attend. Le design de la médaille Finisher a soudain une importance cruciale. De même que le t-shirt qui complétera un tas déjà conséquent après les 47 courses de cette saison. Vous rêvez également d’un cadeau qui vous surprendra. On vous prévient : on n’a jamais offert une paire de baskets neuves ou un voyage pour deux personnes aux Bahamas au Finisher du Trail des Grues de Saint-Remy-en-Bouzemont-Saint-Genest-et-Isson. Non, jamais !

Comme d’habitude, vous allez jurer sur la tête de vos enfants que vous ne courrez jamais plus. Évitez ! Jurez plutôt sur la tête de Belle-Maman.

Les athlètes à fleur de peau

On ne va pas se mentir : nous sommes nombreux à attendre beaucoup de la course à pied.

Tant de travail accompli dans des conditions rendues compliquées par la météo ou les pépins physiques. Les doutes puis la lente progression. Les séances que vous n’auriez jamais imaginé pouvoir passer. L’envie d’abandonner le plan. L’espoir d’être à la hauteur le jour J. Tout va remonter à la surface dans ce dernier 100m. Vous n’avez pas fait tout ces efforts pour rien. Vous devez vous battre.

Vous n’osiez rêver de boucler ce premier marathon ou de réaliser ce record personnel qui vous place dans une catégorie de coureurs d’excellent niveau. Vous savez que vous allez réaliser cet exploit que vous avez méticuleusement construit pendant de longues semaines. Vous êtes en train de vous prouver à vous-même que votre ténacité peut vous mener à l’accomplissement. C’est un bon sentiment, non ?

Et ces derniers mètres qui vous rapprochent d’un tournant symbolique dans votre vie. Un changement de mode de vie, la réalisation d’un rêve. Vous y êtes, vous pouvez vous en délecter. C’est vous seul qui l’avez fait.

Vous apercevez cette ligne d’arrivée mais vous cherchez votre entourage. Le bonheur de partager ce moment avec vos proches ou terminer la course avec vos enfants.

Et enfin, les personnes chères qui vous manquent, qui ont disparu. C’est pour eux que vous courez. C’est pour eux que vous cherchiez à vivre une épreuve et réaliser l’exploit. Vous vous êtes tellement employés pour cet hommage…

Ces pensées nous aident à aller au bout de nous-mêmes, à extérioriser nos émotions et à construire des souvenirs à vie. C’est tout cela que nous recherchons. C’est ce que peut nous offrir la course à pied.

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Article posté le 20 juillet 2015 à 15 h 50 min.

A propos de David Vandewiele

Entraîneur de l'équipe de France de Cheese-Rolling, plusieurs fois récompensée au Cooper's Hill Cheese-Rolling and Wake, course qui consiste à dévaler une pente le plus rapidement possible pour attraper un fromage.
 

Un commentaire

  1. Tu as oublié Le coureur Flippé. De réussir… Au dernier moment, élancement dans le coeur : et s'il allait faire un super temps ? Mais il a tellement pas confiance. C'est trop fort. Trop intense. Trop violent comme hypothèse. Ca le paralyse, il perd ses moyens, il ralentit.
    (En vrai moi c'est à fleur de peau, mais pas au point de voir défiler ma vie:) Plutôt la joie de boucler une course sur un point d'orgue.)

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