Les coureurs à pied bientôt taxés ?

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Les coureurs à pied bientôt taxés

L’intervention du président de la Fédération française d’athlétisme en Bretagne samedi dernier a fait grand bruit : Bernard Amsalem souhaite prélever une partie des droits d’inscription de chaque coureur. Pourquoi ? Et quel intérêt pour vous, coureurs ?

L’article publié par le Télégramme ce week-end a rapidement fait le tour des réseaux sociaux : le président de la FFA souhaite prélever une partie des droits d’inscription de coureurs non licenciés toujours plus nombreux, mais qui pour la plupart ne rapportent aujourd’hui pas un centime à la fédération. Bernard Amsalem en a bien conscience : la fédé à manqué le coche il y a une trentaine d’années en laissant le hors stade se développer dans son coin. À l’époque, personne n’avait imaginé l’ampleur que prendrait le phénomène. Mais depuis quelques années, la course à pied -notamment le trail, et les courses à obstacle- prend une ampleur énorme et la fédération ne peut plus passer à côté.

8 millions et demi de coureurs en France, un vivier convoité par la FFA

La FFA à mené une enquête l’an dernier et les chiffres sont éloquents : 8,5 millions de français courent régulièrement, et 16% d’entre eux le font en compétition. Imaginez un peu le réservoir de licenciés pour la fédération, qui en compte 275 000 aujourd’hui ! Dès lors, la fédé s’est mise au travail pour avoir la main mise sur l’organisation des compétitions hors stade. Dans l’idée présentée par Bernard Amsalem, chaque coureur aurait accès sur internet à des plans d’entraînement ou encore des conseils donnés par la fédération. De quoi fidéliser de potentiels licenciés.

Et un marché énorme à conquérir

L’autre intérêt de la FFA dans ce projet est financier. 9000 courses sont organisées en France chaque année, dont moins de 10% le sont par des clubs. Imaginez qu’on prélève ne serait-ce qu’un euro par dossard (le montant n’est pas encore connu) sur chacune de ces courses. Cela représente au bas mot des centaines de milliers d’euros à la clé. Bernard Amsalem le sait : beaucoup d’organisateurs de course n’auront pas les moyens -ou l’envie- d’assumer cette taxe sur chaque dossard. Elle serait donc assumée par les coureurs. Pas grave selon lui : « les coureurs hors stade ont les moyens. » Il s’appuie certainement sur les chiffres de l’industrie du running pour dire cela : 350 millions d’euros en 2014 en France, des chiffre en constante hausse. Effectivement, jamais on n’a vendu autant de paires de chaussures, d’équipements, de déplacements et de dossards. Mais c’est oublier un point essentiel : beaucoup de coureurs font des sacrifices, rognent sur leurs autres loisirs pour se payer leur passion, vous en faites peut-être partie.

Quel intérêt pour les organisateurs et les coureurs ?

La fédération prendrait en charge la gestion des certificats médicaux. Un bon point pour les organisateurs quand on connaît la quantité de travail pour monter un événement. Reste à connaître les conditions. Les coureurs devraient déposer leur certificat sur le site de la fédération, qui se chargerait de la vérification. Qu’en est-il des inscriptions sur place ? Est-ce qu’il faudra les interdire ? Ou bien resteront-elles à la charge des organisateurs ? Concernant les coureurs, les bénéfices paraissent bien maigres : quelques conseils, quelques plans d’entraînement donc, concoctés par la fédération. Mais aussi quelques réductions sur des sites partenaires de la FFA.

Déjà des réactions virulentes sur les réseaux sociaux

Vous êtes nombreux à réagir depuis cette annonce. Certains évoquent une fédération qui cherche à croquer dans un gâteau qu’elle n’a ni confectionné, ni même imaginé. Une forme d’opportunisme qui passe très mal. Une pétition a déjà été mise en ligne et comptait plus de 2000 signatures en quelques heures hier soir. Selon Bernard Amsalem les discussions avec le ministère des sports sont déjà bien avancées. Certains accepteront de payer plus, d’autres évoquent déjà des alternatives : création d’une nouvelle fédération, ou bien événements sans dossards ni chronométreurs officiels. Une chose est sûre : on n’a pas fini d’en entendre parler.

Kevin Blondelle

Article posté le 23 mars 2015 à 17 h 27 min.

 

2 commentaires

  1. Comme pour internet et ses contenus, les profiteurs cherchent à monétiser un maximum sans rien faire, se positionnant comme ayant-droit, c’est à dire rentiers ! De l’argent gratuit !

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