Courir pour ne pas gagner

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Courir pour le jamais gagner

Pendant mes études déjà j’étais moyen partout, et cela me demandait pourtant beaucoup d’énergie. En course à pied, c’est un peu la même histoire. Je m’entraine comme un champion et pourtant je ne serai jamais ce héros des temps modernes qui collectionne les podiums.

Je cours, je nage et je pédale environ 10 heures par semaine pour un résultat qui finalement est loin d’être à la hauteur de l’investissement. Simple constat qui heureusement n’affecte aucunement ma motivation.

La faute à la génétique comme on dit, c’est ce qu’on appelle communément les prédispositions physiologiques. Même avec tous les entrainements du monde, un cheval de trait ne deviendra jamais un pur sang. Une fois qu’on a compris ça, on vit sa pratique sportive autrement.

Je ne fais donc pas tout ça pour briller aux yeux des autres, même si je l’avoue, je puise une grande force dans le regard admiratif de ma femme et de mes enfants. Egoïstement, si je cours, c’est avant tout pour moi, pour me sentir bien, pour me vider la tête et certainement pas pour en mettre plein la vue aux copains.

Je dois tout de même être un peu addict à la transpiration, j’en ai conscience. J’aime sentir ce gout salé sur ma peau, il est le signe d’un bon entrainement réalisé. On me demande souvent après quoi je cours. Mais pourquoi devrais-je courir après quelque-chose ?

Je ne sais l’expliquer, j’aime simplement ce sentiment de liberté que cela me procure. Avant de sortir de chez moi, je ne sais jamais si je vais prendre à droite ou à gauche au bout de la rue, si je vais me contenter d’un footing ou m’offrir une sortie longue dans les bois.

Quand je cours, je suis maitre de mon destin, je me sens léger et invulnérable. Je ne suis qu’un coureur moyen parmi tant d’autres. Je vis ma passion à fond, je me lève tôt pour m’entrainer afin d’impacter le moins possible notre équilibre familial. Pour moi la course à pied est une activité solitaire même si je comprends très bien la dimension collective que certains souhaitent y insuffler.

Le running doit rester un plaisir, le jour où j’aurai l’impression de devenir esclave de ma pratique sportive, je raccrocherai les baskets, il sera alors temps pour moi de tirer ma révérence. En attendant, je vis chaque jour comme si c’était le dernier, je profite de ma chance et du plaisir que j’ai à pratiquer la course à pied.

Pierre

Article posté le 18 mars 2015 à 16 h 49 min.

 

7 commentaires

  1. Belle leçon d’humilité. Je vous rejoins complètement dans votre façon de voir le running, simplement courir pour être avec soi-même, faire le vide, se sentir LIBRE.

  2. Merci Pierre pour ce texte.
    Je me retrouve dans tout ce qui est écrit et ça m’aide à trouver des mots à mettre sur le sens de ma pratique.

  3. J aurai très bien pu être l auteur de ce récit tellement je me retrouve à100% dans chaque phrase, chaque mot.

  4. Je choisis ton camp : TeamCoureurMoyen !

  5. beau message d’humilité, mais en realité ce que vous écrivez « Courir pour ne pas gagner » est un
    peu faux, car on gagne TOUJOURS pour SOI en courant… ( le principal c’est pas forcement d’être
    le premier, mais pas forcement le dernier aussi…)

  6. +1 Pour un récit qui me correspond également. Avant tout : se faire plaisir !

  7. 100% d’accord!!!

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