Alexandre Saddedine : ‘’Je suis serein et concentré sur ce que j’ai à faire’’

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Auteur d’une saison hivernale remarquable et remarquée, Alexandre Saddedine est l’un des hommes forts de cet hiver 2016. Des Europes de cross au titre de champion de France Elite le week end dernier, la saison a été riche pour le protégé de Zouhir Foughali. Nous l’avons rencontré lors de l’inauguration du concept store WeJogg de Nice.

Bonjour Alexandre. Quel bilan tires-tu de ta saison hivernale ?

Le bilan est globalement positif. La saison a été longue depuis les Europes de cross où nous avons décroché la médaille de bronze avec l’équipe de France (NDLR : il a terminé 12ème et 2ème français). Je suis ensuite parti pour une préparation spécifique pour la saison indoor.

Le 31 décembre, je suis allé réaliser 29’41 au 10km de Barcelone. J’étais alors satisfait de valider le travail foncier de l’hiver, cela m’a également permis de passer sous la barre mythique des 30 minutes, et puis c’était vraiment une ambiance de folie avec une grosse ferveur populaire.

Même si tout n’a pas été parfait, j’ai battu mes records sur 1500m, 3000m et 10km, et je suis devenu champion de France Elite sur 1500m la semaine dernière, donc je suis content.

En effet, tu bats tous tes records et tu es champion de France Elite, ce n’est pas une saison parfaite ?

J’aurais certainement pu réaliser de meilleurs chronos dans des courses plus rapides. J’ai également une petite déception de ne pas avoir atteint le niveau de performance pour les championnats du monde de Portland (USA), mais bon ce n’est pas une fin en soit. Les meilleurs milers mondiaux ne sont pas si loin de moi cette saison, je me dis que je suis dans le coup et que le travail commence à payer.

En finale des championnats de France Elites du 1500m, à 100m de la ligne, tu es 4éme et tu as encore du retard, que se passe t-il dans ta tête ?

Je faisais partie des favoris grâce à mes 3’41 réalisés à Reims, mais la vitesse pure n’étant pas mon point fort, j’étais moins confiant en cas de course tactique. Dans le dernier tour, j’avais encore beaucoup d’énergie, mais j’étais loin en effet car devant ils avaient fait le trou, mais je n’ai rien lâché. Dans les derniers 70m, j’ai tout donné, j’étais bien, ils ont coincé, j’ai serré les dents, et c’est passé. Comme je dis souvent, tant que tu n’as pas passé la ligne en tête, tu n’as pas gagné ! (rire)

Quelle va être la suite de ta saison ?

Je vais terminer, sans réel objectif, avec les championnats de France de cross court ce week-end (NDLR : Au Mans) pour honorer les couleurs de mon club (NDLR : ASA Maisons-Alfort). Mais attention même si j’y vais pour me faire plaisir, j’adore le cross et je vais donner mon maximum, il faudra compter avec moi car je vais me battre.

Comment va s’orienter ta préparation estivale et quels seront tes objectifs ?

Je vais déjà couper complètement une semaine après les France de cross. Je partirai ensuite en stage en altitude à Ifrane (Maroc) afin de travailler mon foncier.

Ensuite j’enchainerai avec du travail spécifique avant d’aborder les premières compétitions. J’aimerais pouvoir entrer dans de grands meeting afin d’exploiter au maximum mon potentiel, et aller chercher les minimas pour les différents championnats d’Europe et Olympiques.

L’objectif ultime, ce sont les Jeux Olympiques de Rio cet été. Les minimas sont fixés à 3’35. C’est difficile mais réalisable si j’améliore mes points faibles et que je continue de travailler comme je le fais.

Quelles sont tes conditions d’entrainement ?

Je n’ai pas encore d’équipementier mais mon club, ma famille, et mon entourage s’investissent pleinement autour de moi, et ça change tout. Je les en remercie pour ça, sans eux rien ne serait pareil, je suis serein et concentré sur ce que j’ai à faire.

Mes séances sont partagées entre Reims, où vivent mes parents, et Maison Alfort, où vit Zouhir, mon entraineur. C’est important qu’il puisse avoir un oeil sur ce que je fais, surtout pour les séances spécifiques.

« La plupart du temps je m’entraine seul »

Pourquoi ? Ce n’était pas le cas avant ?

Avant j’avais cours de 8h à 17h puis j’allais m’entrainer, mais je ne récupérais pas complètement. J’ai validé mon BTS électrotechnique il y a 1an 1/2. C’était important pour moi d’avoir un bagage pour l’avenir et de ne pas miser tout sur la course à pied, c’était le passage obligatoire.

Depuis je me consacre à 100% à l’athlétisme. Je suis serein et concentré sur ce que j’ai à faire. La plupart du temps je m’entraine seul. Paradoxalement j’ai moins de blessures alors que je m’entraine deux fois plus, ça n’a plus rien à voir.

Je bénéficie de massages, de repos, de soins, et d’un soutien inconditionnel de mon entourage. Ce sont ces détails qui font la différence. Je suis bien et je ne demande rien de plus.

Tu t’entraines seul ?

Oui, hormis lors de stages où il m’arrive de trouver un groupe, je m’entraine la plupart du temps seul. Parfois c’est dur surtout lorsque la fatigue commence à se faire sentir, mais j’ai l’habitude et je sais pourquoi je m’entraine.

Mon père et mes oncles me suivent et m’accompagnent pour les footing. Lorsqu’il faut aller un peu plus vite, mon père ou mon entraineur m’emmènent à vélo.

Propos recueillis par David Petit

Alexandre Saddedine c’est aussi :alexandre-saddedine - 1

  • 1’50 au 800m
  • 2’20 au 1000m
  • 3’41 au 1500m
  • 8’02 au 3000m
  • 13’49 au 5000m
  • 29’42 au 10km

Article posté le 5 mars 2016 à 11 h 54 min.

 

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