Globe Runners

Portrait de coureuse : Interview avec Sophie Duarte

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© Mouv-up

Après son titre de Championne d’Europe de Cross-Country le mois dernier, elle continue sur sa lancée en remportant une belle victoire sur les 10 km de la Prom’Classic 2014 à Nice. Pour Globe Runners, Sophie Duarte a accepté de répondre à quelques questions. L’occasion de revenir sur ses belles performances du moment et d’évoquer ses objectifs à plus ou moins court terme. Rencontre avec une championne qui a la tête sur les épaules.[do action= »retour-a-la-ligne »/]

 

Bonjour Sophie, bravo pour cette belle victoire sur la Prom’Classic 2014 ! Peux-tu nous expliquer comment tu as vécu ta course d’hier ?

L’idée était de participer à cette course avant tout pour le plaisir de partager un moment avec la team Kalenji. Elle s’inscrivait dans ma préparation pour le cross d’Edimbourg qui aura lieu le 11 janvier prochain. Il n’y a pas eu de mise en condition pour être au top sur cette course. Je suis partie vite sur le premier kilomètre avant de me remettre en équilibre sur la suite. C’est avec satisfaction qu’à la fin je vois le chrono de 32’21 » qui me permet de battre le record de l’épreuve.

Tu bas le record de l’épreuve mais aussi ton record personnel (33’09), grosse performance !

C’est mon record personnel oui mais je n’ai jamais vraiment réalisé de 10 km en étant très très bien entrainée au niveau aérobie. Les dernières courses auxquelles j’ai participé ne tombaient pas forcement dans des périodes propices au niveau préparation. Par mon statut d’athlète de haut niveau, on attend toujours une performance de pointe sur les compétitions, mais il faut savoir évaluer son niveau d’entrainement. Ca reste de bon augure pour la suite, ça me donne confiance pour réaliser de belles choses sur le 10 km route.

© Mouv-up

Quel est ton programme pour les mois à venir ?

A très court terme, suite aux Europe de Cross, je serai capitaine de l’équipe d’Europe au cross d’Edimbourg le 11 janvier prochain. Un challenge qui verra s’affronter l’Europe, la Grande-Bretagne et les USA. Pour le moment je n’ai pas coupé. La première partie de la saison de cross fut longue, je ne sais pas encore si j’aurai des ambitions personnelles aux championnats de France de cross. Les gros objectifs 2014 seront les 5000 et 10000 aux championnats d’Europe de Zurich qui sera l’événement majeur de l’année sur piste. Tout ça devrait m’amener naturellement à mon premier marathon à l’automne.

Un avenir plutôt tourné vers la route alors ?

Je suite toute neuve sur 5000, j’ai débuté l’année dernière, je n’ai que 32 ans, j’ai le temps. J’ai envie de m’essayer au marathon. Je dis souvent qu’un bon pistard est un bon crossman, et qu’un bon crossman est un bon routard. Finalement, il faut des qualités similaires, tout ça est assez complémentaire. Me lancer sur marathon ne m’empêchera pas de revenir sur 5000.

En 2016 auront lieu les Jeux Olympiques de Rio, tu y penses ?

C’est dans un coin de ma tête, après on verra sur quelle distance je suis la plus performante. Attaquer sur marathon dès cette année va me permettre de ne pas être prise par le temps. Ce qui est génial pour moi c’est que les horizons sont multiples, route, cross, piste … C’est parfois difficile car il faut pouvoir s’adapter aux différents types d’entrainements, mais finalement c’est très motivant de pouvoir varier les plaisirs.

Peut-être qu’on te verra un jour sur trail alors …  ?

En 2012, n’étant pas qualifiée sur 3000 steeple aux JO de Londres, j’ai participé à une course de montagne au Soulor. J’ai remporté la course qui était qualificative pour les championnats du monde. Je m’entraine souvent à Font-Romeu sur des chemins avec de très bons dénivelés. Pourquoi pas à long terme, ça reste une ouverture possible … 

Tu as signé un partenariat de 4 ans avec Kalenji en mai dernier, peux-tu nous en dire quelques mots ?

Je suis une athlète accomplie, j’ai un partenariat durable avec des gens qui m’ont fait confiance dans un contexte de crise  pas évident pour moi. Je crois que ça contribue grandement à ma réussite actuelle. Je participe au développement du matériel. C’est très plaisant et satisfaisant d’être un partenaire technique, de pouvoir participer à l’élaboration d’une gamme de produits performants. Ensemble nous avons mis au point une paire de pointes dédiée à la performance avec laquelle j’ai reporté le titre de championne d’Europe de Cross et qui m’accompagnera tout au long de la saison sur piste.

Quand ça devient difficile dans la tête pendant une course, à quoi te raccroches-tu ?

En course comme à l’entrainement, on se retrouve face à soi même. J’essaie d’être dans un espèce de trou noir, de ne pas trop penser ni tergiverser.  Quand ça devient très difficile, je pense à ce que je vois dans l’immédiat, le prochain arbre ou autre … J’essaie de me décentrer de moi même. Quand on s’enfonce une aiguille dans le doigt, ça fait mal, jusqu’au moment où on finit par s’habituer à la douleur. (rire)

Quelle vision as-tu de la course à pied en général ?

Il y a 10 ans quand j’ai commencé à courir dans mon village de l’Aveyron, on se demandait ce que je faisais. Les gens me prenaient pour une folle à courir ainsi. Aujourd’hui la course à pied est devenue un phénomène social, c’est fabuleux. Il y a une multitude de compétitions, on fait un super sport, il suffit d’avoir des baskets et une tenue légère pour se faire plaisir. Peu importe le niveau de pratique, la performance se fait avant tout contre soi même. Je suis fière de pouvoir représenter mon sport au plus haut niveau.

Merci Sophie, nous te souhaitons une excellente année 2014.

 

Propos recueillis par Sébastien Réby 

Crédit photos : Mouv-up

 

 

 

 

 

 

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