En bref
Accueil » Actualités » La fin d’une mode, la mort du running annoncée

La fin d’une mode, la mort du running annoncée

VN:F [1.9.22_1171]
Moyenne: 5.0/5 (3 votes)

fin-mode-mort-running-annoncee - 1

Voilà maintenant plusieurs années qu’on ne cesse de lire partout que le running est à la mode. Le problème avec la mode, c’est qu’elle passe. Le phénomène running est à bout de souffle, chronique d’une mort annoncée.

En changeant de nom, la course à pied est devenue une mode, Les puristes iront même jusqu’à parler d’un mode de vie. Et oui, ce sport ingrat que vous preniez plaisir à détester depuis votre plus tendre enfance est devenu en quelques années l’une des activités sportives les plus pratiquées de l’hexagone.

Le running est tendance, pour s’en rendre compte il suffit d’observer les hordes de runners qui parcourent nos villes quotidiennement. Quoi de plus banal aujourd’hui que de partager le trottoir avec un de ces coureurs ? C’est oublier qu’il n’y a encore pas si longtemps, courir dans la rue était considéré comme un acte marginal, voire militant qui tendait à lutter contre une certaine culture établie.

Mais aujourd’hui courir contribue à faire de vous quelqu’un de cool qui prend soin de son apparence et de sa santé. Plusieurs centaines d’articles sont d’ailleurs consacrés à ce sujet chaque mois, et pas seulement dans les magazines spécialisés. Le phénomène running serait devenu sociétal, le marqueur d’une certaine identité, un message fort exposé au monde : j’appartiens à la communauté running.

Pourtant, l’intérêt pour le running s’essouffle progressivement après deux décennies de croissance. De nombreux indicateurs montrent en effet que le boom du running est dernière nous. Ce phénomène observable depuis 3 ans aux Etats-Unis commence déjà à se faire sentir dans l’hexagone.

Comment expliquer cette désaffection pour le running ?

Comme les Tamagotchis, la Tecktonik, ou les rouflaquettes, les modes changent et c’est parfois heureux. Le running n’échappe pas à cette règle millénaire. C’est surtout chez les plus jeunes qu’on observe le plus fort revirement. Les 18-34 ans délaissent la course à pied au profit d’activités multisport où le running trouve finalement une place secondaire aux côtés notamment du fitness, du training ou du CrossFit.

Jusqu’ici c’était pourtant cette jeune génération qui alimentait la croissance du marché du running, et l’intérêt grandissant de la course à pied chez le public féminin ne suffira certainement pas à combler les pertes.

En France, on observe d’ailleurs une baisse du nombre de participants aux compétitions de course à pied (15 à 20% sur le dernier trimestre 2016) même si le contexte sécuritaire difficile de ces derniers mois n’est pas forcement tout à fait étranger au phénomène.

Pour autant, le changement semble plus profond et dénote surtout d’une nouvelle manière de pratiquer la course, plus occasionnelle, privilégiant davantage le bien-être à la compétition. Le développement de nouvelles épreuves du type Color Run ou Mud Day qui visent avant tout un public jeune se positionnent d’ailleurs comme une passerelle permettant d’attirer ces nouveaux pratiquants qui rechignent à s’inscrire sur les épreuves traditionnelles.

Sur un marché du running qui pesait 850 millions l’an dernier, les équipementiers comme les organisateurs cherchent également à adapter leurs offres en proposant des produits répondant à ces nouvelles tendances, dans le but de compenser des ventes de chaussures de running qui stagnent pour la première fois. Reste à savoir si la tendance se confirmera dans les mois et les années à venir.

Le running est mort ? Alors vive la course à pied !

Cet article vous a plu ? Partagez-le avec vos amis

Article posté le 19 juillet 2017 à 18 h 30 min.

A propos de Sébastien Réby

Rédacteur en chef de Globe Runners - Sébastien se présente avant tout comme un passionné de course à pied. Du 10 km au marathon en passant par l'Ultra-Trail, ce coureur touche à tout aime varier les plaisirs. Pour lui, courir reste surtout un formidable moyen de découvrir le monde.
 

7 commentaires

  1. En matière de chaussures de « running », revenir à des tarifs plus raisonnables et en lien avec la réalité du produit pourrait être une option à considérer car les chaussures en dessous de 180€ sont de moins en moins nombreuses!! Et on trouve maintenant un nombre certains de modèles >200€! Une aberration quand on considère l’origine du running: le Sport facile et pas cher à pratiquer!

    • Bonjour Xav 31, Je ne suis pas d’accord avec votre commentaire! Je suis gérant d’un magasin de course a pied et j’ai seulement un modèle à 180€. Aujourd’hui le vendeur qui vend un prix n’a rien compris. Il faut adapter la chaussure à chacun , personnaliser le conseil. JE vous souhaite une bonne journée et peut être à bientôt au sein de mon magasin ?

      • Bonjour
        Je suis organisateur de course hors-stade et il est vrai que l’on s’aperçoit de la baisse de fréquentation , pour le coté équipement je suis tout a fait d’accord avec vous ; il vaut mieux conseiller une paire de chaussures bien adapté à la personne plutôt que d’essayer de fourguer la paire la plus chère ,au final ce client ne reviendra pas chez vous ; c’est clair

  2. Les tarifs pratiqués pour une compétition sont de plus en plus excessifs ,les gens ne peuvent plus se permettre d’en faire plusieurs par mois .

  3. Je ne sais pas ce que vous faites comme métier à part « Rédacteur en chef de Globe Runners », mais j’ai l’impression qu’on ne parle pas du même sujet !!
    La course à pied (ou le running) n’est pas une mode, car une mode est éphémère, alors que la Course à pied se développe depuis les années 60-70, petit à petit. Quand on voit l’engouement toujours impressionnant sur les grandes courses, et le nombre de courses qui continuent de se créer chaque année, non la course à pied n’est pas prête de mourir ni même de s’essouffler !
    Les Color Run et les Courses à obstacle sont quand à elles en train de disparaitre aussi vite qu’elles sont apparues, à part quelques têtes d’affiches qui vont réussir à rester (Mud Day, Spartan…). Là oui il s’agisait bien d’un phénomène de mode.
    Par contre, oui devant la multiplication des épreuves, les inscriptions pour certaines s’essoufflent car on a atteint un pic du nombre d’épreuves, et que les prix vont devoir baisser conséquence de cette concurrence. Idem pour les équipements et les chaussures.
    Mais vraiment rien ne laisse présager une disparition de ce sort universel et facile d’accès.

    • Je pense surtout qu’il faut voir du côté de la cible. L’article parle d’une population assez volage en matière de sport, les 18-34 ans, qui teste toutes les activités « en vogue » (CrossFit, running, Pilates, etc.) et qui sont plébiscitées par les influenceurs (Instagram / blogs…) et autres célébrités, car oui, aujourd’hui, ça joue, faut le dire.

      Sauf que comme dit plus haut, les marques y ont aussi vu l’opportunité d’augmenter leurs prix ou de sortir des pompes «  »fashion » » à 180/200/250€ (je pense de suite à adidas avec l’Ultra Boost ou Asics avec la Metarun), sachant que la population ciblée était principalement des personnes qui débutaient, avec un risque de ne plus aimer / pratiquer le running dans quelques mois / années. Donc pas top aussi bien pour les runners de longue date qui ont vu les prix augmenter et pas top pour les runners débutants qui n’avaient pas forcément envie de claquer 180€ pour une paire de pompes dont ils n’étaient même pas sûrs d’utiliser à 100%…

  4. Les marques proposent d’excellents début de gamme aux environs des 70€. Je ne crois pas que cela soit lié aux tarifs !!! Aujourd’hui, il est appréciable de s’ouvrir à d’autres sports. Les sportifs débutants n’aiment guère stagner dans un seul sport. Pour rompre la monotonie, il est plaisant de changer pour certains les habitudes.

Répondre

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués d'une étoile *

Revenir en haut de la page